lun 19 novembre 2012

Ici comme ailleurs, refusons toutes les politiques de rigueur !

La CGA , AL et l'Union locale de la CNT Vignolles se sont constituées depuis maintenant quelques mois en collectif libertaire contre la crise à Montpellier. A ce titre, nous avons déjà mis en œuvre des débats, des actions et développé du matériel commun.

Nous avons renouvelé ce travail en appelant à un débat le 13 novembre au soir qui a réuni une cinquantaine de personnes, et à rejoindre la manifestation intersyndicale du 14 novembre 2012.

Notre appel unitaire faisait le constat que dans de nombreux pays d'Europe, les populations se mobilisaient contre les politiques d'austérité et la dégradation de leurs conditions de vie. Notre volonté était, qu'en France aussi, nous puissions nous opposer dès maintenant aux politiques de rigueur, aux coupes dans les dépenses publiques, aux attaques contre les droits du travail et les droits sociaux, ainsi qu’à tous les licenciements ! Nos objectifs étaient de marquer notre solidarité avec les grèves générales d'Espagne, du Portugal et de Grèce, mais aussi d'affirmer notre soutien face à la répression que rencontrent les mouvements sociaux dans ces pays. Enfin, nous entendions également pointer la nécessité, ici aussi, de construire des rapports de force contre les politiques d'austérité.  

Un débat avec des camarades de la CGT Espagnole une veille de grève générale dans leur pays.

Nous savons que la situation économique et sociale en Espagne est catastrophique : 25 % de chômeurs dont 53 % chez les jeunes, beaucoup de gens sans revenu dépendant de familles n'ayant elles-mêmes plus aucun revenu, 400 000 personnes ont été expulsées de leur logement. Les lois sur le travail facilitent les licenciements, diminuent les pensions de retraite. L'état garantit le remboursement des banques mais pas de l'aide sociale ! Pour nos camarades, le système de fonctionnement des syndicats majoritaires espagnols est corrompu et s'ajoute à une dépréciation totale de la politique et des politiciens. Ainsi, ce sont les patrons qui profitent de cette situation. Ouvriers dans le secteur de l'automobile, ils ne pouvaient que souligner le fait qu'une entreprise comme Volkswagen ne paie plus de taxes sur les 150 000 heures supplémentaires qu'elle impose et ne paie pas non plus d'impôts.  

La grève générale du 29 mars dernier a réuni des centaines de milliers de personnes à travers toute l'Espagne et a malheureusement donné lieu à beaucoup de répression (Voir le communiqué des Relations Internationales de la CGA du 4 mai 2012 "Solidarité avec Laura Gomez"). Cependant la mobilisation s'amplifie notamment autour du mouvement du 15 mai (voir l'article sur ce sujet dans le IAL n°88). Ils gardent l'espoir que les mouvements de lutte se développent chez eux comme dans toute l'Europe mais ils se faisaient peu d'illusions sur la grève générale du 14 novembre. Pour eux, cette grève appelée par la CES n'est pas leur grève. Convoquée par des centrales qui œuvrent contre les travailleurs qu'ils sont sensés défendre, elle peut aussi être contre productive et démobilisatrice. Pour exemple, l'UGT a signé un accord qui entérine le le licenciement de 1600 personnes dans les transports aériens. Dans son optique co-gestionnaire, elle œuvre à faire appliquer les réformes sur le travail tout en appelant à référendum sur la réduction des retraites et les réformes du travail. Malgré tout, ils pensent qu'il faut faire cette grève, que les ouvriers et les ouvrières vont profiter de cette situation pour s'opposer aux réformes en cours. Leur rôle sera de créer partout des assemblées pour que ces mêmes ouvriers puissent s'exprimer et pointer la nécessité de s'organiser pour construire une réelle grève générale illimitée. Le capitalisme a, selon eux, changé de visage il y a déjà quelques temps. Nos grand-parents étaient face à un capitalisme qui construisait des usines et exploitait les ouvriers. Après guerre, les capitalistes ont investi dans les usines des autres. Aujourd'hui, à but spéculatif, ils s'extorquent entre eux et appauvrissent la population européenne. Avec les privations, ils récupèrent le système public alors que ce dernier est le produit des travailleurs. La délocalisation des entreprises fait chuter le coût du travail et génère un appauvrissement des ouvriers dont la seule richesse est la compétence. En diminuant le nombre d'ouvriers et en les appauvrissant, on diminue leurs compétences. Pour eux, la construction de solidarités internationales et l'organisation des travailleurs à cette échelle est importante et mise en œuvre dès que possible. Ce fut le cas lorsque l'entreprise de sanitaires Roca a voulu d'une part délocaliser les emplois espagnols et d'autre part dégrader les conditions de travail des ouvriers marocains. N'ayant pas la force à eux seuls d'appeler à la grève générale illimitée, leur but est d'essayer de faire comprendre aux travailleurs l'intérêt de l'auto-organisation et de la lutte pour que cesse leur exploitation. Les ouvriers ne sont pas conscients de la situation dans laquelle ils sont enfoncés. Le développement des revendications intermédiaires telles que la hausse des salaires, l'amélioration des conditions de travail, la diminution de la journée de travail, sont importantes car elles peuvent les amener à cette conscience. Mais au-delà de ça le rôle du syndicat est d'armer idéologiquement les travailleurs et travailleuses en popularisant la nécessité de rompre avec les capitalisme et l'État pour construire l' anarchisme et le communisme libertaire à partir de pratiques quotidiennes.

  Une manifestation

A Montpellier, environ 1 500 personnes ont défilé du Peyrou à la Comédie en passant par le consulat d'Espagne. Compte tenu du contexte, on peut considérer que ce n'était pas si mal. La presse relaie le chiffre de manifestants sur tout le territoire et en Europe. L'appel national comme l'appel de l'intersyndicale montpellieraine était sans surprise.

Notre cortège d'une centaine de personnes a été très animé. « En France, en Grèce, en Espagne ou ailleurs, solidarité de tous les exploités contre l'austérité » est un des slogans qui a rythmé le défilé.Derrière la banderole commune «Partout en Europe contre l'austérité. Grève générale », nous avons défendu nos axes de mobilisation sur la solidarité entre les peuples en lutte contre l'austérité et la répression.

Nous continuons à penser que c'est en construisant dès maintenant un mouvement interprofessionnel, en se mobilisant massivement ensemble contre les licenciements, la fléxibilisation du travail, la diminution des droits sociaux et toutes les politiques d'austérité, et en renforçant la solidarité entre tou-te-s les exploité-e-s à l'échelle de l'Europe, que nous pourrons établir un réel rapport de force et lutter pour de meilleures conditions de vie et faire avancer l'idée d'un nécessaire changement révolutionnaire.