dim 13 juin 2010

Violences homophobes, lesbophobes et transphobes : ça suffit !

Un certain soir de mai,une foule se rassemble devant Saint Jean : homos, bi, trans, hétéros, toutes et tous ont décidé de se retrouver là pour échanger des baisers et dire merde aux homophobes, stop aux agressions quotidiennes en raison de l’orientation sexuelle et du genre Un groupes de 80 fascistes et catholiques intégristes déverse sa haine et menace physiquement, verbalement les rassemblé-e-s.

 

La police est présente, nombreuse, autour du rassemblement homophobe et lui fait place nette devant l’Eglise. Celui-ci n’a pas été autorisé, ce qui n’empêchera pas l’Etat de le protèger et qu’une fois la nuit venue, de chasser violement résistants et résistantes à l’ordre moral. Cela montre bien que l’Etat se situe du côté des homophobes, et protège les fascistes et les catholiques intégristes.

La provocation des fascistes à Saint Jean s’incrit dans la longue listes des violences homophobes, lesbophobes et transphobes au quotidien : insultes, agressions, invisibilisation, qui touchent plus particulièrement les gay, les lesbiennes, les transexuels des classes populaires qui n’ont pas les moyens économiques d’accéder à des lieux de rencontres surs.. Elle n’en est que l’aspect de plus visible, mais elle témoigne en même temps de la situation actuelle : celle d’une offensive des fascistes et des religions visant à nous imposer par la force, une norme sexuelle et une sexualité sans jouissance dont le seul but est la reproduction . Dans cette perspective, le couple hétérosexuel est présenté comme la seule forme relationnelle admise, comme la norme absolue. L’homosexualité est considéré comme une menace à un ordre familial et social qui organise la domination des hommes sur les femmes, autour de rôles stéréotypés (Les hommes doivent être virils, actifs, se conformer à des rôles de dominants, et les femmes doivent être disponible à la reproduction dans la plus grande soumission). Celles et ceux qui sortent de ce cadre imposé sont violemment réprimés. C’est dans ce contexte que s’inscrit la répression de l’homosexualité, qu’elle soit le fait de la loi ou d’homophobes ordinaires.

La remontée de discours réactionnaires et des thèses fascistes se traduit par le renforcement de la haine contre les homosexuel-les et les femmes émancipées, parrallèlement au racisme et à la xénophobie, dont l’Etat est l’un des principaux promoteurs.

Opprimé-e-s, Brimés, persécutés dans la plupart des pays, homosexuel-les et transexuels subissent la violence que met en place l’établissement de frontières entre les pays capitalistes : impossibilité de circuler (notamment quand on vient des pays pauvres) et de fuire des pays où l’homosexualité et la transexualité sont considérées comme des crimes.

A l’intérieur des pays où ils arrivent, ils et elles se retrouvent triplement opprimé-e-s : comme travailleur et travailleuses, comme immigré-e-s sans papier-e dans un pays qui comme la France ne reconnait quasiment pas le droit d’Asile et comme lebienne/Gay/bi/trans confronté à l’homophobie, la lesbophobie et la transphobie également très répandue dans ces pays. La survie pour chacun-e devient difficile : le plus souvent sans famille ni appui communautaire il est très difficile de trouver un travail.

L’émancipation de chacun et la liberté de tous n’est possible que par l’abolition des frontières qui marquent dans le sang le contour des pays.

Dans ce contexte, il n’y rien à attendre de l’Etat, ni de l’intégration par la voie de la consommation capitaliste. C’est la lutte collective contre l’homophobie et la transphobie, contre l’organisation sociale qui les produit, contre le racisme d’Etat et contre le capitalisme qui nous permettra de réaffirmer l’égale dignité de toutes et tous, ainsi que d’assurer les conditions matérielle d’une réelle liberté sexuelle.

Dans cette perspective, nous réaffirmons la nécessité et la légitimité de l’autodéfense contre les agressions homophobes, lesbophobes et transphobes.

Nous continuons à revendiquer l’abolition des dispositions légales discriminatoires à l’égard des lesbiennes, des gays, des bi et des trans (impossibilités d’adopter, de se marier pyschiatrisation/médicalisation des transexuels et des transgenres, conception hétérocentrée de la famille et de la sexualité..)

Nous revendiquons la régularisation de tou-te-s les sans papiers, seul moyen d’assurer la possibilité pour les gay, les lesbiennes, les bi, les trans de vivre où ils le souhaitent leur sexualité, de manière libre.