Samedi, 17 Janvier, 2015 - 14:00

40 ans après la loi Veil relative à l'IVG, restons mobiliséEs

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Rassemblement samedi 17 janvier à 14h place de la Comédie

Le groupe Un Autre Futur de la Coordination des Groupes Anarchistes se joint à l'appel à l’initiative du collectif féministe La collective 34 pour, 40 ans après la promulgation de la loi Veil sur le droit à l'IVG, revendiquer un accès à l'avortement libre et gratuit.

 

Le mercredi 26 novembre 2014, une résolution réaffirmant le droit fondamental à l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) en France a été votée. La majorité gouvernementale n’a pas hésité à rappeler que le droit à l’avortement allait de pair avec le droit de disposer de son corps, et de prendre librement des décisions autonomes sur sa santé, sans crainte de discriminations, de violences, de coercitions.

Et pourtant , dans les faits, l’accès à l’IVG reste limité

En France, si l’accès à l’IVG est toujours garanti dans les textes, il est de plus en plus difficile dans la réalité. Depuis 10 ans, environ 150 centres d’IVG ont été fermés par des « restructurations » et des « regroupements » de centres hospitaliers, notamment dans le cadre de la tarification à l’activité, instaurée par la loi Bachelot (2009) qui soumet les hôpitaux à la rentabilité financière. Aucune politique n’est venue modifier cet réalité. L’accès à l’IVG est de fait mis à mal par la disparition des structures de proximité et le temps d’attente est si long qu’il interdit certaines femmes d’avorter pour cause de dépassement des délais légaux de 12 semaines.

Le choix des femmes est toujours soumis à la pression sociale de la société patriarcale.

La circulaire du 28 septembre 2001 a consacré la clause de conscience du médecin en précisant qu’« un médecin n’est jamais tenu de pratiquer une interruption volontaire de grossesse ». Même s’il est tenu d’informer la femme de son refus et la rediriger vers des « praticiens susceptibles de réaliser cette intervention », on comprend vite que la brèche ouverte est béante. Le respect du choix et de l’autonomie des femmes en matière de contraception et d’IVG continue de poser un vrai problème au corps médical et aux pouvoirs publics. Sous couvert d’une préoccupation de santé publique, la « bienveillance » des médecins cache un refus de la société toute entière de déposer les armes, dans une lutte pour le pouvoir résiduel de prendre des décisions à la place des femmes, qui ne sont pas encore considérées comme aptes à décider pour elles-mêmes ce qui leur convient le mieux.

Partout en Europe, la montée de l’extrême droite, des conservatismes politiques et religieux se fait sentir.

Au sein de l’Union européenne, un texte qui réclamait un accès généralisé à la contraception et à des services d’avortement sûrs a été rejeté en décembre par le Parlement européen. Récemment, nous nous sommes montréEs solidaires des femmes espagnoles qui luttaient contre le projet réactionnaire du gouvernement Rajoy. Ici, les attaques de la droite, de l’extrême droite et des intégristes catholiques, très offensives sur le droit à l’avortement, se multiplient. Ils continuent d’agir sournoisement sur internet sous couvert d’aide et de conseil à l’avortement. Ils se rassemblent ouvertement dans la rue à travers des manifestations et des prières. Laurent Vauquier, n°2 de l’UMP fait par exemple parti des députés qui ont refusés de voter la résolution réaffirmant le droit à l’IVG.

Plus globalement, les politiques d’austérité et les gouvernements qui les mènent à travers toute l’Europe sont responsables d’un durcissement des relais de l’oppression patriarcale : discours réactionnaire pour l’enfermement de la femme dans le foyer, remise en cause de l’IVG, fin de l’indépendance économique de nombreuses femmes, augmentation des violences masculines.

C’est par la lutte que les femmes ont obtenu la dépénalisation de l’avortement, c’est par la lutte que nous obtiendrons :

  • la liberté de disposer de notre propre corps et de notre sexualité sans intrusion de l’État ni des religions.

  • la reconnaissance de notre capacité à décider si nous voulons être mères ou pas et quand nous le souhaitons, sans tutelles, sans période de réflexion, que nous soyons mineures ou majeures.

  • l’éducation sexuelle pour jouir de notre propre sexualité, sans risques, avec autonomie et responsabilité, en rompant avec l’hétéro-normativité.

  • l’urgence sociale est à la réduction des inégalités de territoire dans l’accès à l’éducation à la sexualité, à la contraception, et à l’avortement ; à la lutte contre les restructurations hospitalières. Notre santé n’est pas une marchandise !

RASSEMBLEMENT LE SAMEDI 17 JANVIER 2015 à 14H, PLACE DE LA COMEDIE

Signataires : La Collective 34, Osez Le Féminisme 34, Coordination des Groupes Anarchistes 34, Ensemble 34, NPA 34, Solidaires 34