dim 5 décembre 2010

Biélorussie, la CGA solidaire

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Quand le 4 novembre 2007, les anarchistes biélorusses participèrent à une marche sociale organisée par l'opposition, ils entendirent apparaître sous un bloc distinct et dénoncèrent « L’Etat social (…) comme (un) l’esclavage humaniste », Apparurent alors quelques dizaines de nazis issus des « Loups blancs », chose extrêmement rare dans les manifestations de l’opposition.

Lorsque la Marche a débuté, les anarchistes n’ont pas hésité à se placer en tête de cortège avec comme slogan sur leur banderole: « L’Etat ne peut jamais être social ». Les lancés par les anarchistes comme « des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogène, voilà les cadeaux du président pour les masses travailleuses » ainsi que « le pouvoir donne naissance à des parasites » contribuèrent à rendre les policiers nerveux. Ce fut le moment choisi par les néonazis pour attaquer à coups de barre de fer les anarchistes.

Ces derniers considérèrent cette attaque comme une provocation planifiée. Ces événements donnèrent en effet l’occasion aux médias rangés derrière l’Etat de montrer l’opposition sous un mauvais jour : le chaos lors d’une manifestation. Des personnes avertirent les chefs de l’opposition libérale qu’une bagarre risquait de se produire si les néonazis n’étaient pas écartés de la manifestation. Les responsables libéraux n’en tinrent pas compte.

Un rappel qui signifie à lui seul que le Pouvoir en Biélorussie est constamment à la recherche de boucs émissaires et, qu'à l'approche des élections de décembre 2010 étant aux abois, il s'en prend aux anarchistes. Depuis début septembre, le régime mène une traque sans précédent contre ces derniers. Tout a commencé dans la nuit du 30 au 31 août 2010, quand un groupe anarchiste inconnu a lancé des cocktails Molotov sur le terrain de l’Ambassade de Russie à Minsk en faisant paraître cette revendication "Nous exprimons par cette action notre colère et notre protestation contre les arrestations et les répressions des militants russes qui ont défendu la forêt de Khimki à Moscou", action dirigée contre un projet de construction d'une autoroute…

Ayant eu lieu à la veille du coup d’envoi de la campagne présidentielle biélorusse, cet incendie a tout de suite provoqué une crise diplomatique entre Minsk et Moscou qui se sont accusés mutuellement d’être l’origine de l’attaque. Depuis, près d’une centaine de militants de plusieurs villes du pays ont été arrêtés ou convoqués à des interrogatoires au KGB. Certains sont encore en prison. Pendant les interrogatoires, plusieurs camarades ont été battus, menacés d’assassinat ou de viol. Les personnes arrêtées sont privées de visite. Cette vaste opération policière n'a pu aboutir à de réels résultats. Les seules accusations portées sont inventées de toutes pièces et n’ont aucun rapport avec la récente attaque de l’ambassade russe.

Ainsi, Le 20 septembre, Alexandre Frantskevitch, a été accusé d’avoir attaqué un commissariat de police dans la ville de Soligorsk. Le 1er octobre, après un mois de garde à vue illégale, Mikalaj Dziadok a été accusé de "hooliganisme" et d’avoir organisé une manifestation "non autorisée" devant l’état major de la Défense nationale biélorusse.

Toutes les personnes qui subissent des répressions sont des militants qui affichent ouvertement leurs convictions et participent à des initiatives libertaires, écologistes, antifascistes et humanitaires. Les camarades et amis et proches des personnes arrêtées, ont lancé un appel aux  anarchistes du monde entier afin qu'ils organisent des actions de solidarité devant les ambassades et représentations biélorusses entre le 14 et le 20 octobre 2010. 

Seule une vaste campagne de solidarité à l’échelle mondiale permettra de sortir ces camarades de prison.

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Le 20 octobre 2010, s'est tenue sur la place centrale de Donetsk une action de soutien aux anarchistes biélorusses illégalement arrêtés au seuil des futures présidentielles. Au cours de cette action les militants distribuaient des tracts, communiquaient avec les représentants de la presse, racontaient aux passants des répressions en Biélorussie. L'action a été bien perçue par les habitants de Donetsk et les discussions qui s'en sont suivies se sont traduites le plus souvent par une condamnation du régime étatique et de la société capitaliste.

-  Pour contacter des camarades, amis et proches des personnes arrêtées courriel : minsksolidarity@riseup.net


Le 16 novembre 2010,

Relations Internationales - Coordination des Groupes Anarchistes