mer 22 janvier 2014

Égypte : ni peste fasciste religieuse, ni choléra militaire !

 

Depuis plus de deux ans, la contre-révolution prenait en Égypte la forme d'un partage du pouvoir entre 2 secteurs de la bourgeoisie et de l'état. D'un côté, les frères musulmans, qui représentaient la roue de secours de la bourgeoisie commerçante et des États occidentaux pour prévenir toute révolution sociale, géraient les affaires civiles. De l'autre, l'armée, représentant la colonne vertébrale de l’État égyptien, conservait une position clé dans l'économie égyptienne, au moyen de monopoles mais aussi dans la structure du pouvoir politique.

Cette alliance objective s'était construite au détriment de la classe ouvrière et des classes populaires égyptiennes, mais aussi des femmes, des minorités religieuses, ainsi que de toutes celles et tous ceux qui aspiraient à la liberté e l'égalité sociale. Elle s'est appuyée sur une répression sanguinaire, faites d'assassinats, d'arrestations de militants syndicalistes et ouvriers, d'utilisation du viol comme arme de terreur politique, d'interdiction des grèves.

Pour autant, la lutte pour le pouvoir entre ces 2 fractions des classes dominantes n'a jamais cessé. Les frères musulmans ont ainsi écarté le général Tantaoui, du Conseil Supérieur des forces armées, en novembre dernier, sans pour autant remettre en cause le pouvoir militaire, et en l'utilisant contre les révoltes populaires.

Pourtant, la révolte contre le fascisme religieux, contre le pouvoir de l'armée, et une situation sociale de plus en plus dramatique pour la classe ouvrière, n'a cessé de s'amplifier. Dans ce contexte, les frères musulmans ont cessé d'apparaître comme une roue de secours crédible face à la colère populaire à une partie de la bourgeoisie et des états occidentaux.

Le 2 juillet, l'armée égyptienne a donc pris le pouvoir par la force, mettant ainsi fin à son alliance objective avec les frères musulmans. Elle instrumentalise ainsi la révolte populaire pour ses intérêts propres, étrangers aux intérêts des classes populaires, des femmes et des minorités religieuses. Mais elle ne pourra faire oublier ses exactions passées, ni sa position de pouvoir économique.



La situation fait apparaître clairement la nécessité pour les classes populaires de s'organiser de manière autonome pour éviter l'instrumentalisation de leurs luttes et de leurs sacrifices. Ainsi que l'ont déclaré nos camarades anarchistes égyptiens :

« Ce qui se passe maintenant n'est rien d'autre qu'un jeu de chaises musicales entre deux partis qui se battent pour le Pouvoir; ces deux partis cherchent à instrumentaliser le mouvement révolutionnaire pour en tirer profit politiquement, le mouvement révolutionnaire est baladé par les forces rivales qui se disputent le Pouvoir.

Les masses ne sont capables d'affirmer leur puissance que si elles s'organisent par elles même, et s’unissent contre les forces concurrentes qui les privent de leur droit de pratiquer la démocratie en étant libre de prendre les décisions qui affectent leurs vie. Les ennemis de la révolution sont le Pouvoir et ceux qui luttent pour l'obtenir, les frères, le clergé, les hommes d'affaires, et les militaires ! »

Mouvement socialiste libertaire, le 25 juin 2013



Solidarité avec le mouvement populaire égyptien ! Solidarité avec le mouvement libertaire égyptien !

Ni dictature laïque, ni dictature religieuse : Auto-organisation populaire !



Le 07 Juillet 2013

Relations Internationales de la Coordination des Groupes Anarchistes

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