mer 22 janvier 2014

En Égypte comme en France, non au fascisme !

Dans un contexte de crises capitalistes, les révoltes populaires se sont multipliées depuis plusieurs années. En Égypte,

la  révolte  a  pris  une dimension  révolutionnaire  en  chassant  Moubarak.  Mais  elle  a  été  confronté  dès  le  départ  à  la
dynamique contre­révolutionnaire du fascisme religieux.
Les Frères Musulmans égyptiens, après être restés soigneusement à l'écart de la révolte populaire dont ils n'ont pas été
à l'initiative, ont été appelés comme roue de secours par la bourgeoisie égyptienne tout comme la bourgeoisie occidentale.
Jouant le rôle historique qu'ont toujours tenu les courants fascistes, qu'ils se revendiquent ou non d'une religion, ils ont
pris une posture pseudo­révolutionnaire pour accéder au pouvoir, se faisant ainsi l'outil véritable de la reprise en main
contre­révolutionnaire.
Les Frères musulmans en Égypte,  historiquement soutenus par l'impérialisme britannique afin de faire contrepoids aux
mouvements indépendantistes et au mouvement ouvrier, se sont structurés autour d'une idéologie définie par Sayyid Qutb,
que l'on peut sans aucun doute qualifier de fasciste religieux. Ils se targuent, comme les fascistes en France  et partout 
dans le monde, d'une dimension « sociale » tout en s'opposant violemment aux luttes ouvrières, en développant une vision
raciste et antisémite du monde et en appelant à une « révolution » nationale­religieuse.
De la même manière que les fascistes en France défendent un « capitalisme national », les Frères musulmans défendent
un « capitalisme musulman » qui n'est que la formulation idéologique des intérêts de la bourgeoisie égyptienne.
Les premières mesures prises par Morsi, sous l'influence des Frères Musulmans, se sont dirigées contre le mouvement
ouvrier. Il en va ainsi de l'interdiction des grèves, de la criminalisation des syndicalistes, et de la volonté de mettre sous
tutelle les organisations syndicales, dans la droite ligne du syndicalisme vertical et corporatiste fasciste. Ces mesures 
prennent également pour cible les femmes et les minorités religieuses.
Après avoir composé avec la junte militaire du CSFA, les frères musulmans et leur président, Morsi, se sont imposés
comme les représentants les plus efficaces de la bourgeoisie égyptienne.
Aujourd'hui, ils tentent  de mettre en place un régime fasciste religieux  par le biais d'un coup de force. Coup de force
qu'ils présentent comme visant à liquider l'ancien appareil de Mubarrak (tout en le maintenant à part quelques lampistes
jugés pour la forme), mais qui en réalité vise à liquider les luttes ouvrières, comme en témoignent la répression contre les
grévistes égyptiens, les syndicalistes de luttes, dont trois de nos camarades du mouvement socialiste libertaire égyptien,
Mohamed Serag El­Din, Mohamed Ezz et Ali El­Kastawy.
Pour justifier ce coup de force, ils essaient de lui donner un vernis démocratique au moyen d'un réferendum organisé
dans des conditions douteuses...
La Coordination des Groupes Anarchistes affirme sa solidarité avec la classe ouvrière et les femmes d' Egypte  qui se
soulèvent   à   nouveau,   contre   le   fascisme   religieux.   Nous   adressons   particulièrement   notre   soutien   à   nos   camarades
anarchistes égyptiens, qui au cœur même de la révolte populaire, défendent l'alternative anarchiste comme rempart  à
l'autoritarisme militaire et fasciste

En Égypte comme en France, le fascisme c'est la gangrène, on l'élimine ou on en crève !
Le 28 Décembre 2012
Relations Internationales de la Coordination des Groupes Anarchistes

Téléchargement

Taille: 271.98 Ko