mer 22 janvier 2014

Etats, forces réactionnaires : Bas les pattes sur la révolution syrienne !


Depuis mars 2011, un processus révolutionnaire est en cours en Syrie. La population s'est soulevée contre le régime fasciste sanguinaire de Bachar El Assad et du parti Bath. Ni « complot impérialiste », ni « complot islamiste » ou « complot sioniste », cette révolution populaire s'est inscrite dans le mouvement de révolte mondial contre le capitalisme, pour la justice et la liberté, qui a soulevé les exploitéEs et les oppriméEs de l'Egypte à la Chine, de la Russie à la Turquie, de l'Europe au Brésil, de la Tunisie à la Syrie.

Répression brutale du régime fasciste « laïque »

Ce mouvement de révolte a fait face à la répression brutale d'un régime, qui a joué la carte du sectarisme religieux tout en se présentant frauduleusement comme « protecteur des minorités », et qui a massacré, torturé ses opposantEs, adultes comme enfants. Le régime a reçu le soutien du régime fasciste religieux iranien, ainsi que de l'impérialisme russe.

Cette répression a abouti à la militarisation d'une révolte au départ pacifique, dans une perspective d'autodéfense.

Instrumentalisation par des impérialismes concurrents

Comme dans le cadre de tout processus révolutionnaire, des forces étrangères à ses objectifs ont cherché à l'instrumentaliser afin de défendre un agenda qui n'a rien à voir avec la volonté de liberté et d'égalité du peuple syrien en révolte.

Le processus révolutionnaire a ainsi été confronté, à la faveur de cette militarisation, à une contre-révolution interne : des mouvements réactionnaires et fascistes religieux, financés, armés et soutenus par l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie mais aussi des milliardaires saoudiens, n'ont cessé de chercher à détourner le processus révolutionnaire pour en faire le cadre d'une guerre régionale politico-religieuse entre fascisme religieux chiite et fascisme religieux sunnite.

Ces mouvements disposent d'une supériorité militaire sur les révolutionnaires syriens laïques grâce à leur rôle de pions et de clients de régimes fascistes religieux et impérialistes occidentaux, supériorité militaire qu'ils utilisent pour confisquer la dynamique révolutionnaire. Se comportant en véritables seigneurs de guerre féodaux contrôlant des zones par la terreur, ils n'hésitent pas à laisser le passage aux forces du régime contre espèces sonnantes et trébuchantes. Ils jouent aussi le rôle de bras armé de l'Etat turc contre le mouvement kurde, massacrant et violant sur commande, dans le cadre d'une guerre régionale contre les kurdes.

Contre-révolution externe et interne : Etats et fascistes religieux unis contre le peuple, arabe et kurde !

La zone kurde de syrie, quant à elle, est marquée par une processus révolutionnaire spécifique qui s'inscrit dans la volonté d'autonomie régionale du mouvement populaire kurde, opposé au régime, mais refusant de sacrifier la cause kurde à l'idéologie nationaliste arabe ou syrienne. Cette volonté d'autonomie lui vaut d'être confronté à la fois au régime, aux réactionnaires islamistes et nationalistes, qui refusent chacun cette troisième voie pour des raisons différentes.

La France a pendant longtemps a entretenu des relations privilégiées avec le régime syrien. Avec les Etats Unis et leurs alliés dans la région, l'Arabie saoudite, le Qatar et Israel, elle a fini par soutenir ouvertement la contre-révolution fasciste religieuse. Le mouvement populaire et révolutionnaire syrien, laïque dans son essence, est quant à lui volontairement isolé par l'ensemble de ces forces : son objectif, l'autodétermination du peuple syrien, est en effet totalement étrangers aux intérêts impérialistes concurrents qui s'affrontent dans ce terrain.

Fascistes religieux et régime surarmé, peuple désarmé

Les armes affluent par le biais des Etats occidentaux, turcs, saoudiens et Qataris du côté des réactionnaires religieux, des clients de leurs pantins du CNS, comme elles affluent du côté du régime, soutenu par l'Iran, la Chine et la Russie.

Seul le peuple syrien, quant à lui, et les révolutionnaires laiques, sont privés d'armes : car le pire cauchemar des deux camps impérialistes en présence, c'est que celles et ceux-ci aient les moyens de se défendre, à la fois face au régime, et aux prédateurs fascistes religieux et impérialistes qui tentent de lui confisquer leur révolution.

Une intervention contre-révolutionnaire

Les récents succès militaires du régime, favorisés par cette politique de sape menée par les réactionnaires et fascistes religieux takfiristes clients du Qatar et de l'Arabie saoudite, par les clients des Etats occidentaux, mais aussi par le soutien russo-iranien, ont amené les Etats Occidentaux et leurs alliés du Golfe a envisager d'intervenir militairement : leur objectif n'a rien à voir avec la « protection du peuple syrien » qu'ils proclament, mais tout à voir avec leur instrumentalisation du conflit dans le cadre d'une guerre régionale.

Cette intervention serait une étape de plus dans la volonté de reprise en main du processus révolutionnaire, et dans son instrumentalisation pour des enjeux de géopolitique régionale.

Le peuple syrien aspirant à la liberté, est quant à lui pris entre le marteau et l'enclume. Depuis le début du processus révolutionnaire, il a refusé dans sa grande majorité toute intervention extérieure, demandant simplement les moyens de son autodéfense.

Ces moyens lui ont toujours été refusé sous le prétexte qu'on « ne sait pas dans quel mains vont tomber les armes ». Pourtant, les mains des fascistes religieux en sont pleines, tout comme celles du régime. On voit ici toute l'hypocrisie des régimes occidentaux, dont le sort du peuple syrien est le dernier de leur soucis.

Notre camp, le camp populaire, celui de la liberté contre tous les Etats !

Soutenir le mouvement populaire syrien, refuser toutes les interventions et la contre-révolution fasciste religieuse : c'est la tâche immense qui incombe aux travailleuses et aux travailleurs, en particuliers dans les Etats qui mènent la contre-révolution, soit en soutenant le régime, soit en soutenant des forces réactionnaires qui visent à installer une nouvelle domination au détriment du peuple.

En France, En Russie, en Iran, aux Etats-Unis, en Turquie, en Israel, notre voix doit s'élever :

Bas les pattes sanglantes des Etats sur la révolution syrienne.

Ni fascisme « laïque », ni fascisme religieux :

Soutien aux révolutionnaires laiques, kurdes et arabes !
Non aux bombardements, des armes pour l'autodéfense populaire des syrienNEs !


Le 10 septembre 2013

Relations Internationales
de la Coordination des Groupes Anarchistes

Téléchargement

Taille: 563.24 Ko