mer 29 avril 2015

Face à la politique criminelle des États, une seule solution : liberté de circulation !

affiche_-_cga_-_ni_frontieres_ni_nations.preview.jpg

 Dimanche 19 avril, près de 800 migrant·e·s ont trouvé la mort au large des côtes libyennes en tentant de traverser la Méditerranée. Lundi 20 avril, un nouveau drame impliquait la mort de trois migrant·e·s près de l’île grecque de Rhodes. 1600 personnes ont été tuées en méditerranée depuis le début de l'année, dont 1150 ces derniers jours. En 2014, ce sont au moins 3419 migrant·e·s (selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés) qui ont péri dans la Méditerranée pour rejoindre le continent européen (soit 5 fois plus que l’année précédente). Dans la plupart des cas ces assassinats sont passés sous silence ou tout simplement ignorés, comme si la vie de ces migrant·e·s avait moins de valeur aux yeux des gouvernants. 

 

Le capitalisme et le colonialisme tuent !

Leur mort depuis des années est passée sous silence ou dans l’indifférence, on retrouve ici l’idéologie coloniale si bien portée par tous les gouvernements français successifs. La Françafrique c’est le pillage de l’Afrique par l’État français, qui pousse à la survie coûte que coûte des travaill·euse·eur·s du continent et à devoir s’exiler quitte à prendre les plus grands risques.

 

Non à l'Europe forteresse

Les États européens, qui font aujourd’hui mine de s’émouvoir face à ce drame humain, en sont les premiers responsables. La politique migratoire de l’Union européenne ne cesse de refouler, d’enfermer et d’expulser celles et ceux qui cherchent un avenir meilleur sur le territoire européen pour échapper à la misère économique et sociale et à la guerre provoquées par le néocolonialisme. L’agence Frontex, en charge de la militarisation des frontières européennes depuis 2005, est un rouage essentiel dans la construction de cette « Europe forteresse ». Il n’est donc pas étonnant pas que des réseaux mafieux peu scrupuleux instrumentalisent cette misère humaine en faisant payer aux migrant·e·s des milliers d’euros des traversées sur des bateaux de fortune et au péril de leur vie. Ces réseaux mafieux souvent mis en avant par les États sont loin d'être les premiers à profiter économiquement de cette situation : business sécuritaire des frontières, des expulsions et exploitation d'une main d’œuvre sans droits.

Triplement du budget de Frontex, fichage des migrant-e-s avec prise systématique de leurs empreintes, accélération des procédures d'expulsion, le sommet européen de jeudi 23 avril renforce cette politique criminelle, avec pour volonté affichée de dissuader les migrant·e·s d’effectuer la traversée, sans donner plus de moyens aux dispositifs de sauvetage en mer. Pire même, la décision de saisir et détruire les bateaux des passeurs entraînera l'utilisation d'embarcations toujours en plus mauvais état, multipliant encore les risques de naufrage. Pour l'Union européenne, il ne s'agit pas de sauver des vies, seulement que les migrants aillent mourir loin des caméras. Là où beaucoup meurent déjà, lors de la traversée du désert pour rejoindre depuis l'Afrique subsaharienne les côtes de Libye, ou dans les camps des dictatures du Maghreb, que l'Europe paie grassement pour qu'elles contrôlent les frontières à sa place. Égypte, Soudan, Mali, Niger et Tunisie vont recevoir de nouveau fonds, pour jouer les chiens de garde la politique migratoire européenne.

 

Un racisme d’État au service du patronat

Pour les migrant·e·s ayant réussi à échapper aux mailles du filet, leur vie en Europe se résume le plus souvent à une situation de grande précarité sociale. En plus de la chasse à l’immigré·e organisée au niveau national, l’UE a chargé Europol (office de police criminelle intergouvernemental de l’UE) de coordonner les polices nationales pour mener cette traque contre les immigré·e·s à l’échelle européenne, sous le prétexte fallacieux de lutter contre le trafic et le terrorisme. L'année dernière, l'opération Mos Maiorum a entrainé l'arrestation de près de 19000 migrant-e-s à travers toute l'Europe. On voit aujourd'hui comment celle-ci a servi de ballon d'essai pour augmenter la surveillance. De plus, la difficulté d’obtenir le droit d’asile et des papiers rend les travaill·euse·eur·s et les travaill·euse·eur·s sans-papiers malléables à merci pour le patronat.

Le racisme d’État organise cette surexploitation en créant des sans-papiers, au service de la bourgeoisie, pour être utilisé·e·s comme de la chair à patron par les entreprises de sous-traitance, le commerce et le BTP. Dans certains secteurs près de 30% des travaill·euse·eur·s n’ont pas de papiers et sont payé·e·s avec des salaires de misère. En opérant la distinction entre travaill·euse·eur·s nationales/aux et les travaill·euse·eur·s sans-papiers, la bourgeoisie tente de nous monter les un·e·s contre les autres. 

 

Contre les frontières, retrouvons les chemins de la solidarité

La Coordination des Groupes Anarchistes rappelle que les frontières sont une construction politique destinée à diviser les travaill·euse·eur·s sur une base nationale. Pour mettre à bas ces frontières mortifères, nous devons rompre avec la logique capitaliste et néocoloniale en développant la solidarité internationale des travaill·euse·eur·s, des exploité·e·s, des dominé·e·s.

Aucun être humain n’est illégal ! Liberté de circulation et d’installation ! Régularisation de tou·te·s les sans-papiers !

 

Le 28 Avril 2015,

— Relations internationales de la Coordination des Groupes Anarchistes