Vendredi, 12 Mars, 2010 - 20:30

Élections régionales : le grand cirque n'est pas drôle...

Élections régionales : le grand cirque n'est pas drôle...

  Cette fois c'est la bonne ?! 

 Avec ces nouvelles élections, ce sera la cinquième fois depuis 2007 que l'on demande aux citoyens de se faire représenter (dans l'ordre, présidentielles, législatives, municipales, européennes, régionales). Grâce à cela, la situation s'améliore progressivement_: moins de précarité, moins de chômage, plus de logements, l'accès aux soins s'améliore, l'éducation est égalitaire et émancipatrice et l'ensemble des services publics va de mieux en mieux... Vous l'aurez compris, on est loin de cela ! Ne souriez pas, cette fois, promis, le VRAI changement va venir (les autres fois c'était pour rire). Qui parle de recul de la foi ? 

 Cette année, ils seront 67 conseiller-es régionaux à décider pour nous mais un groupe aura la majorité absolue et gèrera pour nous plus de 1 milliard d'euros de budget ! Qui est nominé en Languedoc-Roussillon_? Europe-Écologie, dans l'opposition municipale montpelliéraine mais désormais prêt à s'allier au PS de Mandroux pour gouverner, le NPA, redevenu ami du PC qui gère la région avec Frêche depuis des années (!), l'ex adjointe du roi Frêche qui feint de se rendre compte aujourd'hui de son clientélisme. Sinon, il vous reste un fidèle sarkozyste (Couderc) ou les nostalgiques de Bénito, Francisco, Adolf, membres du FN ou de la Ligue du Midi. Quoi qu'il en soit, le peu de projet politique est dissous au milieu des ses individus prêts à tout pour être le chef. 

L'illusion est dangereuse

La situation de dégradation sociale actuelle est évidente, la voie électorale est une impasse répétée de l'histoire, elle ne permet aucune perspective face aux enjeux de taille qui nous font face. Nous n'abolirons pas le capitalisme et les oppressions, ne construirons pas une société égalitaire en élisant de nouveaux chefs.

A  l’inverse, le grand jeu des sièges électoraux freine les luttes pendant les nombreuses campagnes, donne de faux espoirs et canalise et étouffe les révoltes et les mouvements sociaux dans ce système de délégation de pouvoir où le/la votant-e n'a plus son mot à dire après le scrutin. Nous refusons de cautionner à travers la participation électorale le système qui génère l’exploitation, la soumission et la domination. Nous luttons contre ce système qui réduit l'être humain social que nous sommes en un simple citoyen-ne –individu – électeur-ctrice.

Mais alors, si on vote pas, on fait quoi ?

Nous, anarchistes, refusons de donner le pouvoir de décider à notre place à 67 personnes, pendant 6 ans. Nous nous abstiendrons donc d'aller voter mais pas de lutter aux côtés de tou-te-s les "sans" que comptera toujours notre région, et contre tous les systèmes d'oppression, quel-le-s que soient les élu-es du peuple ! Ne donnons pas l'opportunité aux politiciens de tout poil d'augmenter leur contrôle sur nos vies...

Gérons nous même les endroits où on vit, où on travaille, où on agit, selon des règles que nous déciderons. Pour les décisions globales, des mandaté-es tournant-es pourront porter les propositions et les choix de chaque quartier/village, à tour de rôle.

C'est cela la démocratie directe et non pas représentative. L'autogestion que nous voulons, ce sont des assemblées générales locales, une voix par personne, et un contrôle collectif des décisions prises. Ceci ne sera possible que dans le cadre d'un changement de société global, société construite sur des valeurs égalitaires, solidaires, libertaires.

 Nous voulons que le pouvoir soit réparti pour tous-tes et par tous-tes, sans chefs ni hiérarchie ! Auto-gérons nos vies, auto-gérons les villes !