ven 9 janvier 2015

Ni oubli ni pardon ! Pour Sakine, Leila, Fidane assassinées, Justice et Vérité !

kobane
Le groupe Région parisienne de la Coordination des Groupes Anarchistes salue la mémoire des trois camarades kurdes Sakine, Leyla et Fidan, assassinées en plein jour, au coeur de Paris, le 9 janvier 2013. Nous saluons leur combat révolutionnaire pour la libération des femmes, pour la libération du peuple kurde et pour en finir avec l'État-nation patriarcal et le capitalisme. Nous appelons à manifester nombreuses-eux le vendredi 9 janvier et le samedi 10 janvier pour réclamer "justice et vérité" pour ces trois révolutionnaires.

Deux ans jour pour jour après ces assassinats, l'impunité pour les responsables est toujours de mise. Des documents ont révélés la participation active des services secrets turcs dans ces crimes, mais restent passés sous silence par les pouvoirs exécutifs et judiciaires français. L'etat français maintient ses relations avec Ankara et poursuit la coopération policière et militaire. Nous dénonçons la complicité et le soutien de l'état français vis-à-vis de l’état turc, qui laisse se faire assassiner trois militantes kurdes au vu des renseignements français et bloque l’affaire. Nous dénonçons les intêrets impérialistes qui se jouent entre les deux états et qui constituent l'arrière-plan de ces assassinats.

Saluer leur mémoire, c’est soutenir la lutte en cours au Rojava


 Leur combat et le projet politique qu’elles ont défendu se réalise aujourd’hui à grande échelle dans la région du Rojava, le Kurdistan syrien. C’est là que se construit une dynamique d'auto-organisation sociale, économique et politique, fondée sur un projet de « confédéralisme démocratique » incluant la lutte pour l'égalité hommes-femmes, l'inclusion des minorités religieuses et nationales dans les institutions locales. Pour les luttes des femmes, l’État n’est pas la solution, mais bien une grande partie du problème. La rupture avec l’État et les systèmes centralisés sont pour les femmes au Kurdistan et ailleurs, une priorité pour gagner leur liberté. L'autonomie et l'auto-organisation des femmes sont à la base du système politique du Rojava. Ces principes sont défendus dans les académies des femmes (lieu de formation), dans le système de parité dans les administrations populaires du Rojava avec une présence minimale de 40% de femmes, un double mandatement pour chaque fonction politique, dans le droit de véto des femmes contre les décisions qui iraient à l’encontre de leur libération, dans les commissions travaillant contre le patriarcat, les violences et la culture du viol. Ce processus révolutionnaire s'appuie sur le développement d'un mouvement d'autodéfense populaire armé, avec la création de milices, dont certaines sont non-mixtes (les YPJ), garantissant ainsi une large place aux femmes. Cette part au combat des femmes ne date pas d’aujourd’hui, c’est le résultat de décennies de lutte et de mobilisation au sein des organisations révolutionnaires, du PKK notamment. Initialement de tradition marxiste léniniste, ce parti à évolué ces quinze dernières années influencés par les idées communistes-libertaires. Le combat pour la libération a suivi le chemin de la critique de la construction d'un Etat nation et du nationalisme pour lui substituer une stratégie de développement d'institutions locales autonomes, fédérées entre elles. Par la défense de leur autonomie, la lutte contre le patriarcat et les hommes violents, les femmes ont pu s’imposer et prendre une part centrale au mouvement d’émancipation. Cela constitue les bases d’une révolution des femmes, moteur du processus révolutionnaire en cours au Rojava. Celui-ci est à défendre face aux fascistes religieux de l’État islamique, aux manœuvres de l'Etat turc et des impérialismes occidentaux, mais aussi au régime de Bachar el-Assad.

Vive la résistance des femmes kurdes !


 Leyla, Sakine et Fidan vivent et continueront de vivre dans nos luttes.
 Vive la solidarité avec les combattantes et les combattants du Rojava !
 Pour nous cette solidarité se traduit par notre soutien aux travailleuses et travailleurs kurdes en lutte quand ils et elles réclament :
 - Justice et vérité pour Sakine, Leyla et Fidan, ouverture des dossiers ;
 -  Des armes pour les révolutionnaires kurdes, préservant ainsi leur autonomie politique et leur permettant d'assurer leur autodéfense face aux fascistes et au régime ;
 -  La fin du classement du PKK comme organisation terroriste par l'UE et l'arrêt de la persécution des militantEs kurdes et des actions de solidarité avec le Kurdistan ;
 - Elargissement du corridor pour tou-te-s les combattant-e-s kurdes afin qu'ils puissent envoyer des renforts à Kobané ;
 -  La rupture de toute coopération policière et militaire de l’État français avec l’État turc.


 CGA-RP – region-parisienne@c-g-a.orghttp://www.cga-rp.org

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