mar 23 décembre 2014

Pauvreté, Précarité... Quand les pauvres s'éveilleront (2/9)

2ème numéro d’une série de 9 "productions" du Groupe Puig Antich de Perpignan (décembre 2014)

 

Si nous reprenions sine die le vocabulaire des « économistes », nous répèterions sans sourciller que « les besoins alimentaires des Français, sont [de nos jours] saturés ». Infâme mensonge que cette assertion.

Rappelons qu’en 1997, les auteurs du « Baromètre santé nutrition » (Baudier et al., 1997) insistaient sur l’importance du budget parmi les facteurs déterminants dans la composition du repas. D’autres ont, dans le cadre d’une enquête sur l’alimentation des seniors réalisée en 1998, mis en évidence le fait que dans la tranche des 50/60 ans, certains groupes sociaux n’ont pas le sentiment de manger, sinon à leur faim, en tout cas autant qu’ils le voudraient (Poulain, 1998).

Une étude récente montre qu’en Ile de France, de nombreuses personnes sont dans l’obligation de recourir à « l’aide alimentaire ». Un Ingénieur au chômage témoigne au micro d’Europe 1 : « On ne sait pas comment remplir son frigo à la fin de la semaine, ni que répondre à son enfant qui vous dit : ‘il n’y a rien à manger’ ».

Aujourd’hui, cette aide alimentaire qui ne devrait être « [qu’] une réponse sociale limitée » à des situations d’urgence, au sein d’une « société d’abondance », cette aide donc, représente en réalité « le moyen » pour de nombreux ménages de subvenir à leurs besoins alimentaires quotidiens. Les visages de la pauvreté alimentaire sont devenus multiples et recouvrent des réalités différentes.

Des institutions comme « les Restos du cœur », « le Secours populaire » etc. servent des centaines de milliers de repas… Il en va de même dans les Pyrénées-Orientales où des dizaines de tonnes de nourriture sont récoltées par « la banque alimentaire » du département. En 2014, c’est l’équivalent de 190 000 repas qui seront distribués via une trentaine d'associations.

Ainsi, que la population soit « généreuse », cela paraît indiscutable, mais cette générosité ne doit, ni ne peut, cacher l’ampleur du problème. La société à plusieurs vitesses dans laquelle nous vivons est une société totalement inhumaine. Une bien triste réalité que cette société d’abondance, où le mois de décembre est synonyme pour certain-e-s de joyeuses ripailles, et pour d’autres, beaucoup d’autres, de recours à la mendicité, à la perte d’autonomie, à la perte de la dignité humaine.

La précarité alimentaire s’invite partout, dans les foyers des plus jeunes comme des plus âgés, ceux des chômeurs comme ceux des travailleurs. En ce mois de décembre, les fêtes de fin d’année, pour beaucoup, manger ne sera pas un « cadeau » ! Par ailleurs, quand on nous tartine de manger « équilibré », de manger 5 fruits et légumes, au quotidien, il s’agit d’un grand n’importe quoi! En effet, peut-on manger équilibré et diversifié quand on dispose d’un budget très limité?

En 2013/2014, les Restos du cœur ont distribué 130 millions de repas à 1 million de personnes et parmi elles, 40 000 bébés de moins de 18 mois.

Voilà le triste constat d’une société de précarité, de grande pauvreté, une société ou l’égoïsme des riches et des nantis est érigé en vertu! Une société dans laquelle celles et ceux qui ont « un peu », ne se préoccupent plus de celles et ceux qui n’ont rien du tout!

 

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