lun 12 septembre 2016

Solidarité avec Jacqueline Sauvage !

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Solidarité avec Jacqueline Sauvage !

 

Le 3 février 2016, la Coordination des Groupes Anarchistes publiait un communiqué intitulé « Grâce partielle de Jacqueline Sauvage, les femmes ne doivent plus subir » en solidarité avec celle-ci.
Nous nous félicitions de cette grâce partielle qui était le résultat d’une mobilisation féministe importante et payante dont le signal était : les femmes vivant des violences sexistes sont légitimes à ne plus subir, à ne pas se laisser faire.

Nous savions aussi que le parcours était encore long et semé d’embûche pour sa libération et que la grâce partielle était « symbolique » et ne donnait pas à Jacqueline Sauvage le droit à la liberté.

Surtout, cette grâce maintenait les décisions de justice qui l’ont condamnée pour « meurtre aggravé » sans tenir compte des sévices subis par elle et ses filles.
Cette condamnation légitimait et renforçait par cette décision le système de domination patriarcale caractérisé par le pouvoir que les hommes exercent sur les corps et les vies des femmes.

Malgré un comité de soutien important et actif, sa demande de libération a été refusée par le tribunal de Melun le 12 août dernier sous des prétextes laissant peu d’espoir sur une future libération : elle aurait besoin d’aide psychique « pour remettre de l’interdit dans le passage à l’acte » et c’est à cause de la médiatisation de son affaire et de nombre de soutien que ce refus de libération est argumenté !

Une fois de plus, toutes les violences subies par Jacqueline Sauvage sont niées, renvoyées au second, voire au troisième plan !

Le message de la justice française est clair : bourreaux continuez librement de battre vos femmes, et si jamais elles se retournent contre vous, le système judiciaire saura les remettre à leur place et renforcera, aux yeux de toutes, la domination masculine.

Celle-ci ne s’exerce pas que dans les tribunaux mais dans toute la société en opprimant les femmes, en démolissant la vie de très nombreuses d’entre elles (que ce soit par l’exploitation, le harcèlement, par toutes les violences, par le viol, par le meurtre).

Pour contrer ce système de domination, nous devons nous mobiliser au quotidien pour que toutes les violences, qu’elles soient physiques ou psychologiques, soient pointées, dénoncées, et combattues, dans la sphère publique (rue, travail, transports, etc.) comme privée (famille, couple, relations, etc.).

Face au patriarcat, des mouvements de lutte féministes sont nécessaires contre l’exploitation et l’oppression des femmes. Leur auto-organisation, par exemple pour créer des espaces d’écoute, de soutien et de sécurité, pour s’entraider et se défendre face à toute agression, est un des moyens de lutte à développer et soutenir.

Le 10 septembre 2016, le comité de soutien à Jacqueline Sauvage organisait à un rassemblement sur Paris mais en accord avec les avocates et la famille de celle-ci, celui-ci est annulé et le comité de soutien se fera « discret » jusqu’au résultat de l’appel.

La Coordination des Groupes Anarchistes – Lyon suivra de près le résultat de l’appel et appellera à un rassemblement de soutien à Jacqueline Sauvage et à toutes les victimes de violence patriarcale en cas de nouveau refus de libération.

Libération immédiate de Jacqueline Sauvage !
Non à la criminalisation de l’auto-défense des femmes faces à leurs agresseurs !

Coordination des Groupes Anarchistes - Lyon

Qu’est-ce que le patriarcat ?

Le patriarcat « désigne une formation sociale où les hommes détiennent le pouvoir, ou encore plus simplement : le pouvoir des hommes. » (Delphy, dictionnaire critique du féminisme, 2000, p. 141)

Le patriarcat, c’est un système de domination des hommes sur les femmes qui se manifeste aussi bien dans la sphère publique (ex : le monde du travail) que dans la sphère privée (ex : le couple et la famille). Il peut être considéré comme un ensemble des structures formelles ou informelles et des personnes ayant autorité dans ces structures qui concourent à l’oppression spécifique des femmes.

Le patriarcat opprime et exploite les femmes en leur enlevant du pouvoir sur leurs conditions de vie ou de travail. Si on regarde vite les rapports de pouvoir dans notre société, on voit bien que ce type de domination et d’oppression perdure encore aujourd’hui, malgré l’adoption de lois condamnant certaines de ses manifestations les plus flagrantes ou proclamant l’égalité des deux sexes.

Tous les jours, des femmes sont aux prises avec des situations où elles sont marginalisées, discriminées, violentées et parfois mêmes tuées par des hommes en tant que femmes pour diverses raisons. L’oppression patriarcale se manifeste aussi de façon moins « brutale » dans bien d’autres situations de la vie courante.

Dans l’imaginaire populaire, le travail des femmes n’a toujours pas la même valeur que celui des hommes : les tâches domestiques continuent d’être l’apanage des femmes, les femmes continuent d’occuper la majorité des emplois au salaire minimum et des emplois à temps partiel (respectivement 61% et 68% d’entre eux). Et ce ne sont que quelques exemples...

L’utilisation du terme « patriarcat » par les féministes et les pro-féministes rappelle que la place qu’occupe les hommes et les femmes dans la société n’est pas le fruit d’un quelconque déterminisme biologique ou d’un ordre naturel. Au contraire, la hiérarchie entre les sexes est une construction sociale et les théories naturalistes et biologisantes servent depuis déjà trop longtemps de justification à l’infériorité des femmes.

Voir aussi la motion antipatriarcale de la CGA :
http://www.c-g-a.org/content/motion-antipatriarcale-cga