Lundi, 19 Mai, 2014 - 09:00 - 12:00

Soutien au Centre Social l'Attiéké lors du procès

Le Centre Social Auto-organisé l'Attiéké, à Saint-Denis, a ouvert ses portes le 28 octobre 2013. Il a pris place dans un ancien bâtiment de l'Assurance Maladie, laissé vide depuis plus de deux ans. L'Etat et le nouveau propriétaire (la fédération française de triathlon) attaque le centre social auto-organisé pour le faire fermer, qu'il cesse ces activités (organisation contre le mal-logement et l'isolement des sans-papiers, repas de quartier, activités culturelles non marchandes, cours de français et aide aux devoirs, entre autres) et expulser la petite trentaine d'habitant-e-s qui y ont élu domicile.

Face à cela, la résistance s'organise pour faire connaître le lieu et contrer les politiques d'urbanisme et de logement désastreuses mises en place par les pouvoirs publics (depuis l'Etat jusqu'à la mairie) qui tendent à faire de Saint-Denis une ville agréable pour les bourgeois en en chassant les pauvres et les migrant-e-s qui y habitent encore. Contre les expulsions et les problèmes de logement, les occupant-e-s de l'Attiéké ont décidé d'agir par leurs propres moyens. Plusieurs manifestations ont déjà eu lieu pour soutenir le centre social, à l'aide d'autres collectifs en lutte sur le 93 (Saint-Denis, Saint-Ouen, Montreuil et Bagnolet...) pour les mêmes revendications : le logement et les papiers pour toutes et tous. Après le festival Kin'Attiéké (voir ici : http://c-g-a.org/content/festival-kin-attieke-saint-denis) au début du mois et la manifestation du 17, un nouveau procès aura lieu le 19 mai au Tribunal d’Instance de Saint-Denis, place du Caquet.

Les occupant-e-s, dont font partie les militant-e-s de la CGA en région parisienne, appellent à un rassemblement de soutien à partir de 9h.

 

 

Le texte collectif de présentation du centre social l'Attiéké

Nous occupons le 31 boulevard Marcel Sembat à Saint- Denis depuis le 28 octobre 2013. Cet ancien bâtiment de l’Assurance Maladie est laissé vide depuis plus de deux ans. Nous sommes avec ou sans papiers, avec ou sans logis, travailleur-euse-s, chômeur-euse-s, étudiant-e-s, et beaucoup d’autres choses, de Seine-Saint-Denis et d’ailleurs.
Face à une rénovation urbaine cynique et brutale à Saint- Denis, qui se fait sur le dos des plus pauvres,
Face à la hausse des loyers et aux expulsions,
Face aux marchands de sommeil et à l’insalubrité,
Face aux listes d’attente HLM et aux critères souvent inaccessibles des locations privées,
Face à l’individualisme et à l’isolement,

Nous agissons par nous-mêmes, avec nos propres moyens !

Le bâtiment réquisitionné du 31 bd Marcel Sembat, baptisé Centre social Attiéké, répond à deux nécessités. D’abord, la nécessité de se loger, quand rien ni personne ne veut ou ne peut le faire à notre place, surtout si on est sans papiers, célibataire, et sans enfant, la mairie et la préfecture nous fait bien sentir qu’on ferait mieux de disparaître. Nous ne pouvons pas dormir dans la rue, risquer de mourir de froid, s’exposer devant tout le monde. On a besoin de ce lieu pour s’en sortir. C’est notre maison. C’est un espace d’habitation, où la vie est commune, basée sur le respect mutuel, malgré les parcours différents de chacun-e. Certain-e-s se lèvent à 5h pour partir bosser, elles/ils rentrent, se lavent et se couchent. Elles/ils ont leur famille derrière elles/eux, au pays. Mais ce n’est pas n’importe quel squat. C’est pas un hôtel où tu rentres et tu sors quand tu veux. Nous sommes responsables les un-e-s envers les autres, on se doit être vigilant-e. On habite ensemble ici, c’est collectif, c’est pour tout le monde pareil, noir, blanc, jaune, fille, gars, on est égaux.

Ensuite, l’Attiéké répond à la nécessité de s’approprier un espace vacant pour nous permettre la rencontre, l’entraide et la contre-attaque. Et pour cela, l’autonomie ça fait du bien. Pour organiser une solidarité directe et locale, à notre mesure, sans politicien-nes ni paternalisme, face aux problèmes de logement et de papiers, entre autres. Ce lieu est donc un espace d’organisation et d’activités publiques, ouvertes à tous/tes : repas de quartier, permanence logement, permanence pour les personnes sans papiers, permanence d’écrivain public, projections de film, débats, musique, atelier vélo, espaces pour enfants, réunions ouvertes sur les luttes à Saint-Denis et ailleurs,...

Le Centre social Attiéké est un lieu ouvert pour s’organiser, se rencontrer et résister ensemble. Nous appelons tou-te-s les habitant-e-s de Saint-Denis et d’ailleurs à venir nous rencontrer et à soutenir le Centre social et ses habitant-e-s.