Samedi, 14 Juin, 2014 - 13:30 - 16:30

Tous solidaires avec le 67 rue de Strasbourg en lutte !

Nous relayons ici l'appel à manifester pour soutenir la lutte des habitant-e-s du 67 rue de Strasbourg à Saint-Denis, victimes des politiques de rénovation urbaine et de gentrification. Il est suivi d'un texte d'explication de la situation, rédigé par la permanence logement du Centre Social Auto-Organisé l'Attiéké, à laquelle participe les militant-e-s  de la CGA en région parisienne.

 

Appel à solidarité avec la lutte du 67 rue de Strasbourg.


        Depuis bientôt un an, les habitants du 67 rue de Strasbourg s'organisent contre leur expulsion imminente. Prononcée le 19 décembre par le tribunal
d'instance de Saint Denis, en faveur d'une entreprise luxembourgeoise de spéculation immobilière, l'expulsion peut avoir lieu du jour au
lendemain. La société TYRSON INVEST a laissé ce bâtiment se dégrader pendant près de 10 ans pour profiter de la hausse des prix dans le centre
ville de Saint Denis. Aujourd´hui ce propriétaire privé, avec le soutien de l'Etat, veut expulser les personnes qui habitent et font vivre cet
immeuble depuis 10 ans. Ces personnes vont se retrouver à la rue, sans solution. Le 115 n'est pas une solution.

        Il est possible et urgent de résister collectivement à cette expulsion. Un grand mouvement de solidarité contre l'expulsion peut conduire la
Préfecture à retarder l'opération policière.

        Il est possible et urgent d'exiger la réquisition de ce bâtiment de la part de la Mairie. Il est urgent de mettre un frein à la spéculation
immobilière qui chasse les classes populaires du centre ville de Saint Denis.

        Il est possible et urgent de créer un rapport de force large auprès de la Préfecture pour obtenir la régularisation massive des habitants sans papiers.

        Il est possible et urgent de soutenir les habitants dans toutes leurs revendications et d'exiger le relogement collectif.

        Nous sommes solidaires du collectif du 67 rue de Strasbourg en lutte contre son expulsion, pour des relogements collectifs et la régularisation des sans papiers.

        Nous appelons à manifester le samedi 14 juin 2014.

Retrouvons nous à 13H30 devant la Gare RER D de Saint Denis.



Premiers signataires : le Centre social Auto organisé l'Attiéké, la CGA...






Texte d'explication sur la situation rédigé par la permanence logement du Centre social auto organisé l'Attiéké.


        Cela fait maintenant plusieurs mois que les habitants du 67 rue de Strabourg luttent contre l'expulsion imminente de leur immeuble. Le
tribunal d'instance de Saint Denis à donné raison au propriétaire contre les habitants le 19 décembre 2013, et ordonné l'expulsion du bâtiment. La
société luxembourgeoise TYRSON INVEST possède ce bâtiment depuis 2006 et l'a laissé vide depuis. Il est occupé par des personnes n'ayant pas
d'autres solutions de logement depuis bientôt 10 ans. Cette société immobilière mène la stratégie habituelle des spéculateurs immobiliers :
laisser les bâtiments vides se dégrader pour accélérer la hausse du foncier et revendre à des prix plus élevés des années plus tard. Le
centre ville de Saint Denis devient aujourd´hui sufffisamment attractif pour les spéculateurs, et leur avocat a prévenu en 2009 la mairie de
Saint Denis de sa volonté d'expulser les habitants. Mais rien n'a été fait alors par la Mairie pour rencontrer les habitants.

        Depuis l'été 2013, les habitants au courant de la procédure ont interpellé la mairie sur leur situation : ils vivent dans l´immeuble
depuis bientôt 10 ans et n´ont pas d'autres solutions. Ils n'ont eu aucune réponse et sont donc venu demander le soutien de la permanence
logement du centre social auto organisé l'Attiéké á Saint Denis au mois d´avril 2014. Depuis ce jour la permanence logement et l'Attiéké sont
solidaires de la lutte du 67 rue de Strasbourg.

        Le 14 avril 2014 le collectif des habitants à écrit une lettre à la mairie de Saint Denis en demandant un rendez vous pour faire le point sur
leur situation. Ce courrier est à nouveau resté sans réponse. Le collectif a décidé de manifester pour rendre visible sa situation, et
lutter contre toutes les expulsions de logements, le samedi 17 mai à Saint Denis. Face à l'absence de réponse de la mairie de Saint Denis, et
étant donné l'urgence de la situation, les habitants ont décidé d'intervenir lors du conseil municipal du 22 mai, avec le soutien des
syndicats enseignants venus protester contre la réforme des rythmes scolaires. La détermination du collectif, le soutien du centre social
Attiéké et des syndicats de l'enseignement a permis d'obtenir un rendez-vous pour le mardi suivant, le 27 mai.

        Entre temps, le samedi 24 mai, le collectif était présent lors de la manifestation unitaire contre les expulsions en Seine Saint Denis. Cette
manifestation avait pour mot d'ordre la lutte contre les expulsions, qu'elles concernent des locataires qui ne peuvent plus payer les loyers
toujours plus chers ou des squatteurs qui occupent des bâtiments vides et souvent insalubres sous la menace permanente de se retrouver à la rue.
Cet appel se termine sur ces mots :

“ Rien n’est perdu, il y a des forces en Seine Saint Denis, les luttes du logement sont nombreuses, locataires, mal logéEs, sans logis, citoyenEs,
militantEs : unissons-nous pour obtenir l’arrêt des expulsions, le relogement de ceux et celles qui ont été mis à la rue, avec ou sans papier
ainsi que leur régularisation.“

        Et cet appel est signé par le Parti Communiste et l'ensemble du Front de Gauche, récemment réélu à la mairie de Saint Denis. Nous sommes donc
allés au rendez vous de mardi avec l'espoir de commencer á faire concrètemment ce que nous avons revendiqué ensemble samedi dernier :
lutter contre les expulsions, pour les relogements et les régularisations. Le collectif a formulé des demandes très précises á Antoine Bussy, qui représentait le Maire de Saint Denis lors de ce rendez vous. Leurs revendications envers la Mairie étaient et sont toujours :

- un soutien public contre l'expulsion des habitants du 67 par les spéculateurs immobiliers de TYRSON INVEST et la Préfecture
- un soutien des demandes de régularisation auprès de la Préfecture par une demande de rendez vous
- des relogements collectifs
- la réquisition du bâtiment ou d'un autre bâtiment vide équivalent.

        Antoine Bussy a rappelé au début de la réunion que les expulsions se multipliaient en Seine Saint Denis et que la Prefecture appliquait de
plus en plus rapidement les volontés des propriétaires. Il a admis que dans cette situation “il y a le feu“ et que l'expulsion est imminente.
Pourtant il a refusé de mettre en oeuvre la moindre démarche de soutien de la part de la Mairie. La seule chose proposée est une lettre à la
Préfecture rapellant le droit à l'hébergement pour tou-te-s, tout en admettant qu´il était quasiment exclu que les habitants du 67 accèdent en
réalité à un hébergement étant donné la crise structurelle du 115 tout particulièrement en Seine Saint Denis.

        La mairie de Saint Denis refuse de prendre position contre l'expulsion du 67 rue de Strasbourg sous prétexte qu'il s'agit d'un squat et que ca ne
regarde que le propriétaire et l'Etat.

        La Mairie de Saint Denis refuse d'exercer son pouvoir de réquisition sur ce bâtiment ou sur d'autres bâtiments vides à Saint Denis, même dans le
cas ou l'immeuble appartient à un spéculateur immobilier luxembourgeois qui n'a d'autres projets que de  s'enrichir sur le dos des classes populaires de Saint Denis.

        La Mairie de Saint Denis refuse de soutenir les démarches du collectif du 67 rue de Strasbourg envers la Préfecture pour obtenir des régularisations collectives. Après une heure trente de négociations Antoine Bussy a accepté de faire un courrier de la part de la Mairie pour demander un rendez vous auprès de la Préfecture, mais a refusé de nous donner un autre rendez-vous pour préparer les dossiers collectivement.

        La Mairie de Saint Denis, face à des personnes menacées d'expulsion par la Préfecture et les spéculateurs immobiliers, répond qu'il n'y a rien à faire.

        Une semaine après une manifestation unitaire contre les expulsions en Seine Saint Denis, l'équipe du Parti Communiste et du Front de Gauche élue à Saint Denis refuse d'apporter le moindre soutien à un collectif en lutte pour son relogement et sa régularisation.

C'est intolérable. Cela doit changer.

        La lutte du 67 rue de Strasbourg a besoin du soutien le plus large possible pour faire aboutir ses revendications. Les collectifs, syndicats, organisations politiques et associations de la ville engagées contre les expulsions, pour le relogement des personnes à la rue et pour la régularisation des sans papiers doivent soutenir le collectif des
habitants du 67 rue de Strasbourg.

Pour cela, nous vous demandons de signer cet appel de solidarité à la manifestation du collectif du 67 rue de Strasbourg le samedi 14 juin.

RDV à 13H30 devant la Gare RER D de Saint Denis.

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