mar 20 octobre 2015

Turquie/Kurdistan. Face au fascisme et à la terreur d’État : solidarité internationale !

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Ce samedi 10 octobre, un triple attentat a frappé au cœur d'une manifestation du « bloc de la paix » regroupant à Ankara organisations syndicales, politiques et associations progressistes et révolutionnaires alévis, turques et kurdes, qui protestaient contre le terrorisme de l’État AKP. Le bilan s'élève d'ores et déjà à plus de 125 morts et des centaines de blessés. Dans les minutes qui ont suivi les attentats, la police anti-émeute a attaqué les cortèges en tirant du gaz lacrymogène et des coups de feu, y compris contre les personnes qui tentaient de porter secours aux victimes. La répression policière a considérablement alourdi le bilan, en accroissant la panique et en empêchant les secours d'arriver.

La sale guerre de l’État turc

Le scénario est presque le même que lors des attentats d'Amed (Diyarbakır) et de Suruç, en juin et en juillet. La main de l’État-AKP1 apparaît derrière ce massacre. Cet attentat s'inscrit dans une longue tradition de terrorisme d’État et d'autoritarisme en Turquie contre le mouvement ouvrier et les minorités nationales, avec le soutien des États occidentaux, dont l’État français. En 2013, l’État turc n'avait pas hésité à écraser la révolte populaire du parc de Gezi, à Istanbul, qui protestait à la fois contre les politiques de bétonnage et de construction pour les grandes entreprises et contre le manque de libertés individuelles et politiques.

L’État turc fait mine de « condamner les attentats » mais il ne s'agit là que d'un discours hypocrite, quand, dans le même temps, le parti au pouvoir et les cercles ottomanistes (nostalgiques du grand Empire Ottoman musulman) n'ont cessé d'appeler, ces dernières semaines, au massacre contre les minorités. N'oublions pas que l’État turc n'a eu de cesse ces derniers mois de bombarder les villages et les positions kurdes, n'hésitant pas même à abattre des civils dans les villes en état de siège, comme Cizrê. La veille, il avait interrompu la diffusion de 9 chaînes de télévision d'opposition. Les médias qui sont liés au parti au pouvoir, les seuls à ne pas être inquiétés, poussent l'horreur et l'indécence jusqu'à présenter les attentats comme l'instrument, si ce n'est pas l’œuvre, des mouvements révolutionnaires qui auraient commis ces actes pour se poser ensuite en victimes. C'est l'occasion pour renouveler leur campagne haineuse contre les kurdes, les alévis, le mouvement ouvrier et syndical et les organisations révolutionnaires.

L’État turc, allié objectif et complice de Daesh

Dans les deux dernières années, de nombreux preuves attestent de la coopération entre le MIT (les services secrets turcs) les partisans de Daesh et les fascistes religieux des cercles ottomanistes. L'AKP au pouvoir prétend « lutter contre Daesh » alors qu'il fait en réalité preuve d'une complaisance certaine et même d'une complicité de moins en moins dissimulée avec cette organisation sunnite fasciste religieuse. La prétendue « campagne contre le terrorisme » lancée en juillet cible presque uniquement les organisations progressistes et révolutionnaires. Elle sert, en plus de raviver la haine nationaliste contre les minorités, à déstabiliser ces organisations avant les élections à venir du 1er novembre. Pour se maintenir au pouvoir, l'AKP est prêt à tout, y compris à mettre le pays à feu et à sang.

 

Face à cette situation, nous pensons que l'ensemble des organisations progressistes et révolutionnaires, à l'échelle internationale, doit assumer ses responsabilités :

- en organisant la solidarité matérielle concrète et directe avec les organisations syndicales, progressistes et révolutionnaires de Turquie et du Kurdistan ;

- en dénonçant le terrorisme de l’État turc et la complicité des États occidentaux, à travers leur coopération policière, économique, politique, diplomatique.

 

La Coordination des Groupes Anarchistes entend y contribuer avec nos modestes moyens, mais avec toute notre détermination, en lien avec le mouvement communiste libertaire au Kurdistan, en Turquie et dans le monde. Nous assurons nos camarades de toute notre solidarité ! Contre le fascisme, ici ou là bas, soyons au coude à coude !

 

Relations Internationales de la Coordination des Groupes Anarchistes,

le 15 Octobre 2015.

 

1.L'AKP, « Parti de la Justice et du Développement », est le parti d'Erdoğan au pouvoir, historiquement de tendance islamo-conservateur et libéral (sur le plan économique).