jeu 6 novembre 2014

Édito

IAL

Alors que le jeu des chaises musicales se poursuit au gouvernement dans l’espoir de faire remonter des cotes de popularité en chute libre, alors que les pseudos frondeurs et frondeuses du Parti socialiste cherchent en réalité à sauver leur peau devant le naufrage annoncé de la mandature Hollande, non sans avoir mangé le plus longtemps possible à la gamelle des postes ministériels, ou en restant bien accroché·e·s à leur siège de parlementaire entre deux éclats d’indignation mal jouée devant les caméras qui grouillent toujours (!) dans les couloirs du palais Bourbon ou du Sénat, bref, alors que la vie politicienne suit son cours normal, c’est le chômage et la pauvreté qui ne cessent de croître dans le pays.
Plus personne ne conteste aujourd’hui que la ligne suivie par Hollande, Valls et leurs ami·e·s, est celle d’une politique exemplairement libérale qui n’a rien à envier à celle de son prédécesseur. Et pourtant, que n’avons-nous pas entendu, encore une fois (!), lors de l’élection présidentielle de 2012 sur le « devoir citoyen » pour les un·e·s ou sur le vote PS pour « dégager » Sarkozy pour les autres. Sarkozy qui aujourd’hui n’a jamais été aussi proche de revenir, et qui, s’il y parvient, pourra dire merci, un grand merci à celui qui était censé nous aider à nous en débarrasser. Et le Front national qui bat tous ses records de popularité peut quant à lui dire merci à la politique antisociale de Sarkozy et Hollande.
Pour notre part, nous écrivions dans ces mêmes colonnes (IAL n° 91) dès après l’élection de Hollande : « Maintenant c’est le changement nous a-t-on dit. Mais, le changement ce sera pour “après”… Pour “beaucoup plus tard”… et très certainement “jamais” ! L’austérité tant vomie par les petites gens, par toutes celles et tous ceux qui souffrent, par la grande majorité de la population, l’austérité donc sera notre pain quotidien. »
L’austérité fut bel et bien notre pain quotidien, et aujourd’hui, plus que jamais, l’opinion des français·e·s semblent perdue quelque part entre la droite et l’extrême droite, tâtonnante dans un brouillard de propagande libérale et xénophobe. Voilà le résultat de décennies de politiques menées contre les travailleurs et les travailleuses.
C'est donc essentiellement sur l'actualité sociale de ces derniers mois que nous reviendrons dans ce nouveau numéro d'Infos et Analyses Libertaires. Nous nous pencherons sur l'attaque portée contre l'Unédic et le bilan de la belle résistance des précaires, chômeurs·euses et intermittent·e·s. Nous aborderons également les évolutions récentes du travail social.
Puis, pour mieux comprendre ce qui nous attend et s'approprier plus clairement les objectifs à moyen terme de nos gouvernant·e·s, nous examinerons de plus près le fameux projet de libre-échange transatlantique dit « TAFTA ».
Mais encore, comment ne pas traiter dans cet IAL de rentrée des désastres sociaux causés par la coupe du monde de football qui s’est tenue au Brésil en juin et juillet, ni de la forte résistance que le peuple brésilien lui a opposée.
Enfin, il sera question de sectes et de religions pour poursuivre la nécessaire critique libertaire de cette autre forme d’aliénation malheureusement toujours vigoureuse.