mar 6 octobre 2015

Pas de mur entre les peuples Personne du peuple entre les murs !

Qui sème le néocolonialisme et vend des armes récolte des réfugié∙e∙s

L'État français trace les frontières de l’Europe-Forteresse avec le sang des migrant·e·s et des réfugié·e·s, tout en les instrumentalisant afin de légitimer une intervention impérialiste en Syrie. En combattant les forces de l’État Islamique qu’elle a contribué à créer, l’Europe et les États-Unis ainsi que leurs alliés dans la région (Arabie Saoudite, Israël, Jordanie, Turquie,…), continuent de déstabiliser le Proche-Orient, tandis que le conflit en Syrie et en Irak, lui, continue de s’enliser, provoquant l’exode de populations entières comme à chaque fois que l’Occident intervient militairement dans le tiers-monde. La Turquie aussi est responsable puisqu’elle finance et arme d’une main l’État Islamique tandis que de l’autre elle déclenche une guerre totale contre les Kurdes et les révolutionnaires, pourtant les seul·e·s à proposer une alternative crédible au régime de Bachar Al-Assad et a l’État Islamique.

 

Quelle réponse des États européens? Le renforcement des frontières


Derrière les beaux-discours hypocrites et va-t-en-guerre des élites occidentales, la solidarité envers les migrant·e·s ne suit pas et l’Europe cherche à accueillir le moins de réfugié·e·s possible, avec seulement 24 000 places pour les réfugié·e·s en 2 ans. Et c'est la part belle à la montée du nationalisme quand ce débat de vautours, imposés à tou·te·s,  tente de réconcilier bourgeoisies et exploité·e·s en avançant qu'ils et elles auraient les mêmes intérêts et devraient se mettre à la place de l'état français pour savoir si oui ou non nous devrions «accepter les réfugié·e·s». Pousser les gens à se mettre du côté du soi-disant intérêt national, c'est ouvrir la porte au canibalisme social, à la guerre de tou·te·s contre tou·te·s et renforcer le pouvoir de la bourgoisie et de l'état.
Les charniers de la Méditerranée, alourdis avec les opérations européennes soi-disant de sauvetage (mare mostrum 2014), avec toujours, côté face, un durcissement des contrôles maritimes et donc des risques pour les personnes qui traversent.


Nous ne sommes pas dupes quand Valls oppose migrant·e·s et réfugié·e·s dans un discours raciste qui ouvre à peine la porte des frontières aux un·e·s pour mieux la refermer sur la tête des autres. À savoir les sans-papiers, fuyant pour la plupart la misère et la guerre économique. Pas dupes non plus quand derrière les forteresses administratives, 75% des réfugié·e·s aujourd’hui vont voir leur demande d’asile déboutée, et venir grossir les rangs des sans-papiers.
Pas dupes face aux images et aux discours qui ont pour objectif de dévier une solidarité de classe, populaire et antiraciste, qui pourrait naître. Cette stratégie a pour but d'imposer une logique humanitaire et une logique de division qui enferme les sans-papiers dans la catégorie de «mauvais·es migrant·e·s». Comment ne pas rappeler qu’ils et elles sont les victimes directes des guerres sociales et économiques qui se jouent sur le pétrole, les ressources en matière première dans les pays du sud ex-colonisés.


Derrière la répression des réfugié·e·s, l’impérialisme et le néocolonialisme


Nous ne sommes pas dupes de l’intensification du vol des ressources (minières, pétrolières..) par les pays européens notamment, qui devient un moyen de gérer la crise que traverse l’Europe et de maintenir les profits. Les interventions militaires (Irak, Afghanistan, Lybie, Mali, Centre-Afrique et maintenant en Syrie) se font en parallèle de cette l’exploitation économique des «pays du Sud».


La répression connue par les réfugié·e·s est sans limites, c’est pourquoi nous dénonçons cette criminalisation. Derrière les violences policières, on voit qu’il n’y a pas de rupture de l’État avec son passé colonial. Ici, les réfugié·e·s se retrouvent durement confronté·e·s aux portes du racisme d’État. Ce même racisme d’État qui commande les opérations de pillage, de contrôle politique des pays africains et de soutien à plusieurs dictatures militaires à travers le monde. Cet impérialisme qui appauvrit et réprime les peuples et les pousse à fuir leur pays. L’impérialisme et le néocolonialisme tuent, et ici-même il est défendu et soutenu dans la guerre faite aux migrant·e·s.


Des migrant·e·s de la Chapelle, de Calais à Vintimille: en finir avec les frontières


Un vaste mouvement de solidarité, auquel la Coordination des Groupes Anarchistes a pris une part active, s’est lancé en soutien aux réfugié·e·s et aux sans-papiers en lutte. Face à l’État, face à la mairie qui divise, face à la gauche humanitaire qui ne fait autre chose que soutenir et légitimer ce système de l’injustice sociale, il faut davantage organiser notre camp. Cette gauche humanitaire et réformiste fait vivre le mythe qu'il y a tout à attendre de l'État et d'une mobilisation exceptionnelle de ce dernier au secours des réfugié·e·s. Cet enfumage n'a pas d'autre but que de freiner les capacités de lutte des réfugié·e·s et migrant·e·s et de maintenir le contrôle de cette lutte. Mais à quelles fins ? 


Pour ainsi ne jamais avoir à remettre en cause à aucun moment les politiques de domination militaire et économique des pays africains et du moyen-orient, protéger les bourgeoisies nationales et enfin pour valider le racisme structurel largement installé par l'État ici-même. Cette gauche porte de graves responsabilités puisqu’elle tente de dévier le rapport de force, de démobiliser et de cautionner le sale discours de tri entre migrant·e·s. La guerre de tou·te·s contre tou·te·s


Face aux vautours des ONG et associations compromises, il faut nous organiser. Cela passe par une participation de taille à la lutte des réfugié·e·s et la nécessité de faire émerger une solidarité de classe contre le racisme d’État, contre les violences économiques et sociales qui tentent d’écraser notre classe, et pour en finir avec les interventions néocoloniales et militaires dans les pays du sud.


À l’heure où l’islamophobie et l’impérialisme se confondent pour renforcer les violences racistes ici-même, Valls annonce le projet de faire «des discriminations préventives», ce qui ne signifie rien d’autre que l’augmentation des contrôles au faciès, le renforcement de l’appareil raciste et sécuritaire de l’État dans les quartiers populaires et sur l’ensemble du territoire ainsi qu’un appel à peine voilé à la violence raciste des «concitoyens». On le voit, les gouvernements, en même temps qu’ils renforcent leur arsenal policier raciste, préparent le terrain à des violences plus graves encore dont les dernières manifestations anti-immigration en Europe (Allemagne, Pologne, Slovaquie, …) et l’augmentation des attaques fascistes envers les migrant·e·s et leurs soutiens ne sont que les prémices. 


Face à la Forteresse-Europe, une seule solution, brisons les Frontières! Opposons une solidarité de classe et internationaliste au racisme et à l’impérialisme Occidental!